Il porte le nom du dieu romain du Commerce et les espoirs des vignerons bordelais qui se débattent depuis deux ans avec les difficultés économiques. Le plan Mercure, auquel le quotidien régional Sud-Ouest consacre un long article, est « la première mesure concrète - et d'effet à court terme - mise en place dans le cadre du plan anticrise construit par la filière bordelaise ».
Il s’agit concrètement « d’une plate-forme d'achat de vrac qui ne concerne dans un premier temps que l'AOC Bordeaux rouge millésime 2010 » qui doit garantir un prix d’achat plancher sous lequel il est impossible d’aller. L’enjeu est d’importance : en termes de volume, le vrac représente « un litre sur deux en Gironde ».
Le quotidien explique que Mercrure « est une société par actions simplifiée (SAS), au capital de 230 000 € ». Bernard Farges, président de l'ODG (organisme de défense et de gestion) des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur précise : « Elle achètera le tonneau de vrac (900 litres) aux vignerons à au moins 800 €, un prix en dessous duquel on estime que le marché ne doit plus descendre ».
Une précisions de l’article donne la mesure de l’importance de Mercure : « sur la campagne 2009-2010, près de 45 % des volumes de l'AOC Bordeaux rouge (millésime 2009) ont été échangés à moins de 800 € ».
Coté négociant, on se déclare « prêt à jouer le jeu… si tout le monde fait pareil ». Un arbitre, Qualibordeaux, s’assurera via ses mesures de contrôle qualitatives, que personne ne cache de carte à moins de 800€ dans sa manche.
Les vignerons auront également tout intérêt à passer par ce dispositif, sachant que les banques sont parties prenantes et se sont engagées à couvrir les achats des opérateurs.
A terme, « ce plancher de 800 € pourra être revu ultérieurement par une commission ad hoc créée au sein de l'interprofession. Comme sur le marché des matières premières agricoles, nous devons mettre fin à l'extrême volatilité des cours », précise Bernard Farges.