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Bourgogne ne veut plus donner son nom au Beaujolais.
(18-07-2011)
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   Réglementation
   
Depuis un décret de 1930 confirmé en 1937, les viticulteurs du Beaujolais ont le droit de vendre leurs vins sous appellation bourgogne. Il faut bien évidemment pour ce faire que les cépages soient les mêmes : chardonnay et aligoté pour le blanc, pinot noir ou gamay pour le rouge.
Voilà donc plus de 80 ans que le nord du beaujolais produit du bourgogne. Mais cela pourrait s'arrêter net. Des producteurs de Bourgogne, qui craignent de voir leur propre réputation en souffrir, avec un impact sur leur prix, ont demandé une révision de l'aire d'appellation. En février 2010, ils ont obtenu de l'Inao, l'Institut national des appellations d'origine, en février 2010, qu'il revoie les contours de l'aire d'appellation bourgogne. Ce qui n'a encore jamais été fait.
On peut s'interroger sur le fait que la brouille entre les deux vignobles voisins ne survienne qu'après 80 ans de mariage. La faute à la crise, et au cycle des modes, répondent certains qui expliquent que le beaujolais a fortement pâti de la récession économique et souffre de l'effondrement du phénomène beaujolais nouveau. Celui-là même qui a fait du mal en termes d'images aux crus reconnus que sont le Julienas, le Morgon, le Moulin-à-vent, le Chiroubles, le Brouilly, le Fleurie, tous élaborés à partir de gamay, le cépage angulaire du beaujolais.
Le vignoble s'est alors tourné vers le chardonnay, le cépage du chablis bourguignon. Et s'y est tourné résolument : aujourd'hui le beaujolais compte 400 hectares de vignes plantées en chardonnay, contre 800 en Bourgogne. Pour les Bourguignons, cette situation crée un déséquilibre économique qui voit, selon eux, «les courtiers se fournir en priorité dans le Beaujolais à bas coût avant d'aller voir en Bourgogne ».
L'Inao a rendu ses premières conclusions et décidé d'exclure du Beaujolais des appellations bourgogne aligoté et bourgogne rouge à partir de pinot noir, sauf pour six communes appartenant à la fois au Macônnais et au Beaujolais. En outre, des 85 communes autorisées à produire du blanc dans le Rhône, il n'en resterait plus que 41. « Les gens concernés ont eu deux mois pour réagir à l'enquête publique, souligne l'Inao. Nous allons maintenant examiner les revendications de chacun. » Ce travail, en cours, ne donnera matière à décision définitive qu'à la rentrée, selon l'Institut.
 
 
 
   
 
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