Les vendanges pour le muscadet nantais sont terminées. Du côté des producteurs, elles laissent un goût étrange, mélange de satisfaction et de déception. Les prévisions printanières qui laissaient espérer un millésime d'exception se sont envolées, plombées par un été à la météo franchement médiocre. « Les températures ont retardé la maturation des fruits. On a même atteint les 100 jours de véraison (la norme est de 86), ce qui dénote de la difficulté à mûrir des raisins par manque de soleil », indique dans les colonnes de Ouest-France un vigneron de Saint-Hilaire-de-Clisson.
L'humidité du mois d'août a même entraîné quelques attaques de mildiou, oïdium ou botrytis. « Un peu partout, on a eu besoin de déguster les jus de raisins à plusieurs pour bien relever les avis de chacun. Un certain goût terreux s'en dégageait. Les autres années, le taux de bourbes avoisinait les 8 %. Cette année, il se situe entre 10 % et 12 %. Depuis 25 ans que je suis dans le métier, c'est vraiment l'année la plus délicate pour le vinificateur. »
Pour autant, le cru 2011 ne sera pas mauvais. Il est attendu comme bon après un très sérieux travail de vinification, mais les professionnels le disent déjà : «Il sera difficile d'avoir un vin de garde cette année. »