En visite à Châteauneuf-du-Pape, le président Nicolas Sarkozy s'est engagé aujourd'hui à se battre au niveau européen pour maintenir la limitation des plantations de pieds de vigne, dont la suppression est programmée pour 2016, au risque selon lui d'entraîner une surproduction de vin. Il a tenu ses porpos lors d'une table ronde avec des représentants de la filière viticole française. "Elle représente près de 8 milliards d'euros d'excédent pour la balance commerciale, la France pèse 20% de la production mondiale de vin et est redevenue premier exportateur mondial en valeur. Au nom de quoi la France devrait-elle renoncer à ce secteur économique ?", a-t-il demandé.
Les ministres de l'Agriculture des Vingt-Sept avaient décidé en 2008 de supprimer la limitation des droits de plantation des pieds de vigne à compter du 1er janvier 2016, les États membres conservant la possibilité de les maintenir jusqu'en 2018.
La France avait voté contre cette décision prise à la majorité qualifiée, sur proposition de la Commission européenne, sans pouvoir réunir de minorité de blocage.
"Nous voulons une Europe régulée. Si on laisse planter la vigne partout où cela est possible, on va laisser exploser l'offre, sans que la demande suive. Il y aura donc une baisse massive des prix et à terme la disparition de la viticulture", a expliqué Nicolas Sarkozy.
Pour revenir sur la décision de 2008, la France doit réunir une majorité qualifiée, ce qui semble envisageable, plusieurs pays, dont l'Allemagne et l'Italie, autres grands producteurs de vin, ayant écrit en ce sens à la Commission européenne. "Pour le retour aux droits de plantation, qui est la position de la France, on a 13 pays, il en manque un", a souligné le président. "Nous y travaillons." (Source AFP)